E-logistique, qui va gagner ?

La logistique des marchands en ligne est une problématique délicate. En effet, lors des discussions autour du “business plan”, peu de cyber-commerçants se penchent sur la question et réfléchissent en amont à la définition d’une stratégie claire et des processus industrialisés. Bien souvent, ces derniers souhaitent se décharger de cette contrainte et externaliser sans plus de formalités. Pourtant, cette ultime étape peut s’avérer un avantage concurrentiel déterminant dans la fidélisation de sa clientèle.

Le secteur BtoC semble le plus épineux : pas de garantie que le particulier soit bien chez lui lors du passage du livreur. Les coûts de retraitement des commandes sont alors des frais supplémentaires bien lourds à gérer. Parmi les alternatives à cette problématique, on parle de réseau de relais “façon La Redoute”. D’autres, tel que le challenger e-liko ont choisi de pratiquer la livraison sur rendez-vous.

Il est clair que le secteur BtoC, qui manque cruellement de prestataires compétents, ne semble pas le plus lucratif pour des géants tels que DHL ou UPS. Néanmoins ces derniers doivent être présents et s’adapter à un marché appelé à exploser. Et surtout, un marché sur lequel la tendance sera plus que jamais de laisser à l’internaute le choix de son prestataire via les plates-formes de coopétition.

Ces plates-formes, qui se développent activement à l’heure actuelle, permettent de fournir une interface d’intégration “clé en main” avec un bouquet de transporteurs/logisticiens associés. Ainsi, l’internaute pourra naviguer au sein d’un catalogue d’offres logistiques diverses selon ses besoins (express, économique…) ou selon les marques.
On saisit donc l’importance pour les différents acteurs de faire reconnaître leur marque comme un gage de confiance et de fiabilité face à l’anxiété inhérente à tout achat sur Internet.

Le processus d’externalisation de sa logistique reste complexe. Il faut en effet distinguer la partie logistique (colisage, picking…) à proprement parler de la partie transport. Peu d’acteurs proposent une solution complète.
Il est intéressant de noter que face à une certaine pénurie de prestataires E-commerce, certains acteurs tels que le cyber marché Télémarket, par exemple, proposeront pour le compte de certains concurrents leur structure logistique entièrement développée en interne. Elle est l’une des rares à savoir gérer la problématique des produits frais.

Enfin, les marchands devront être vigilants quant à la définition des coûts. Sans verser dans l’excès du modèle gratuit non viable, la tendance est à la démocratisation. C’est pourquoi les marchands adoptent souvent un régime à perte. Le tout est de rétablir ensuite l’équilibre financier avec l’acquisition de nouveaux clients et un panier marchand plus élevé. Une chose reste certaine, la gestion maison de bout en bout ne semble pas une solution viable au-delà d’un certain niveau de commandes par jour.

 

Source : Alexandra Bissé , JDNet